Fernweh Insights: Le voyage pour les aventuriers.

Fernweh – ‘ un désir de voyager, dans des contrées lointaines ‘

Préparer son sac à dos pour un long voyage – récit d’expérience

Ou comment s’éviter de trop galérer et faire les bons choix avant le départ. Pas comme moi quoi.

Le backpack, le meilleur ami et ennemi de l'homme

Il est tellement difficile d’anticiper tous nos besoins une fois en terre inconnue, de faire des choix et de laisser derrière ce beau t-shirt qu’on a acheté quelques mois auparavant! Alors le voici, l’article qui retrace mes expériences personnelles sur mes choix et mes compromis. Peut-être que ça en aidera certains à s’organiser.

Le temps de la réflexion

Pour commencer, les premières pistes pour bien affûter son compagnon de voyage, c’est de partir sur la destination en question, et la durée du séjour. C’est logique me direz-vous, vous n’allez pas emmener un manteau en Thailande, et puis vous n’aurez pas besoin de trop de shorts en Norvège. Donc première leçon, s’accorder à la destination.

Ensuite, la durée. Pourquoi se trimbaler vingt kilos de vêtements si on part pour dix jours par exemple? Même si je suis bien consciente que tout embarquer pour des ‘au-cas-où‘ éventuels est tentant… Pitié, c’est bien trop, je suis sûre qu’au fond vous le savez!

Ensuite, un autre point important pour faire les bons choix, c’est le type de voyage que vous allez effectuer. Par exemple, si vous êtes baroudeur dans l’âme et prévoyez majoritairement des activités qui impliquent de vous salir, grimper, marcher, etc… Ainsi on va privilégier des vêtements confortables plutôt que des robes de soirées. En revanche si vous comptez passer chaque nuit de votre voyage à faire la fête en clubs, une tenue plus habillée sera la bienvenue.

Le calvaire du voyage lourd

Quand j’ai débuté mon premier voyage sur longue durée au Japon, je me suis retrouvée face à un dilemme de taille à l’époque. J’allais vivre sous les quatre saisons, en partant en hiver avec -15 degrés à Hokkaido jusqu’à l’île tropicale d’Okinawa où les 30 degrés sont vite atteints. 

Peu experte, j’ai pensé qu’il fallait que j’emmène donc des vêtements pour chaque saison. Je vous laisse imaginer le calvaire, car s’ajoute à ça les questions de ‘et si je grossis ou maigri pendant mon voyage et que rien ne me va?’, ‘et si mes goûts changent pendant le voyage?’ etc… Un peu perdue donc, et avec toutes ces interrogations et un tri constant dans mes affaires, je me suis rendue à l’évidence: ça passera jamais dans le sac !!

J’ai donc opté pour une valise, qui maintenant avec le recul était ridiculement bien trop grande, et de mémoire je peux essayer de lister tout ce que j’avais emmené.

  • Un manteau super fat de la mort. Pour ne pas mourir d’hypothermie.
  • Une doudoune sans manche. Au cas où.
  • Un pull en laine mérinos tricoté avec soin par ma maman.
  • Trois pulls en laine légers. Oui, trois, pour varier.
  • Un sweat à capuche assez épais. Très utile!
  • Un sweat plus léger zippé. Au cas où il fait moins froid.
  • Deux polaires. Pour varier ?
  • Une tenue de travail chaude. Inutile.
  • Un t-shirt manches longues basique. Il m’a bien servi.
  • Deux double-peaux à manches longues. J’avais peur d’avoir trop froid visiblement.
  • Un legging en laine mérinos. Pratique sous -15 degrés mais pas vraiment indispensable au vu de tout ce que j’ai d’autre.
  • Trois jeans. Wtf?!
  • Un legging. Parce qu’un legging mérinos c’est pas pareil.
  • Un jogging. Incontournable!
  • Un pyjama chaud. Parce qu’un jogging c’est pas vraiment un pyjama.
  • Trois shorts. Ça existe pas les shorts au Japon peut-être.
  • Une jupe. Au cas où je veux paraître plus féminine.
  • Un pantalon léger de randonnée. Bien!
  • Huit t-shirts à manches courtes et sûrement un ou deux débardeurs. Parce qu’ils sont tous trop beaux et des t-shirts ça pèse pas si lourd que ça, si?
  • Une tenue de sport. Parce qu’un jogging c’est pas non plus vraiment une tenue de sport.
  • Cinq paires de chaussettes et sous vêtements. Si jamais je perds mes mains et ne peux plus laver mes sous vêtements dans le lavabo.
  • Une paire de tongs. Pratique j’avoue.
  • Une paire de chaussures de randonnée faite pour l’hiver. Je veux pas perdre mes doigts de pieds et elles sont trop belles.
  • Une paire de bottes faites pour l’hiver. Je veux pas salir mes belles chaussures alors j’en prends d’autres plus moches.
  • Des sneakers pour courir. Oui !

Sans compter la casquette, le bonnet, les gants et écharpes, la trousse de toilette bien chargée, le fer à lisser, les livres et carnets de voyages, les documents importants… et j’ai la chance d’être partie sans appareil photo ni ordinateur!

Et j’ai l’air fine moi avec cette énorme valise…

Pourtant il est évident que même en emmenant pour quatre saisons, j’ai pris trop de superflus. Et la raison ? Le fameux ‘au cas où’! Si vous consultez plusieurs articles de blogs de voyage pour préparer votre sac à dos, vous verrez souvent cette règle‘Si vous vous dites ‘au cas où’ pour un article, laissez le à la maison, vous ne vous en servirez quasiment pas.’ Mais c’est tellement difficile, je sais.

La réalisation de mes erreurs

Pour commencer, ma première erreur a été de choisir la valise plutôt que le sac à dos. La valise peut certes paraître attrayante car pas de charge à porter, mais en voyage et si on sort des villes, c’est un vrai calvaire! Les routes sont parfois mal entretenues, monter des escaliers est un parcours du combattant, prendre un train bondé est une torture, et il est souvent difficile de pouvoir faire du stop avec, car elle prend trop de place. 

A mon arrivée au Japon j’ai débuté par un Wwoofing en campagne dans une ferme de vaches. J’avais emmené des affaires de travail, mais elles m’ont été inutiles et ce même par la suite car je suis toujours tombée sur des endroits où des vêtements étaient disponibles à cet effet. Affaires en trop donc.

Mes vêtements de travail fournis par la ferme.

Je suis ensuite partie travailler en guesthouse à Sapporo. Là-bas, j’ai utilisé un peu plus mes vêtements, mais beaucoup sont restés au fond de ma valise. Sûrement qu’un seul jean plutôt que trois – par exemple – auraient été largement suffisant. 

Puis vient mon arrivée pour travailler en hôtel à Nagano, où je me suis rendue compte que ma valise était un véritable fardeau. Le village étant perdu en montagne sous la neige, tirer une valise dans de telles conditions était un cauchemar. Là-bas, il faisait tellement froid même à l’intérieur que ça m’était un peu égal de faire ma belle, je cumulais couches sur couches et tous mes jolis vêtements sont une fois de plus restés au fond de ma valise.

Quand l'heure du changement a sonné

C’est à ce moment là de mon voyage que je me suis rendue compte de mes erreurs. De toute évidence ça ne me convenait pas et un bon backpack me manquait cruellement. J’ai ainsi préféré faire un grand tri et renvoyer ma valise pleine vers la France. De toute façon, ma prochaine destination étant Okinawa l’île tropicale, c’était bye bye les affaires d’hiver.

Désormais je ne vis qu’à travers un seul et unique but: voyager avec maximum 7 kg (pour ne pas payer de supplément bagage en avion et être mobile en toutes circonstances). J’ai donc acheté un sac à dos de 40L pour être sûre de ne pas trop emmener encore.

Je pensais vraiment m’être débarrassée du superflu, excepté mon fer à lisser qui était mon seul caprice. Mais même avec tout ça, au moment de passer pour l’embarquement à Okinawa… 7,64 kg, dammnit! Me voilà repartie pour un tri infernal, et contrainte de jeter définitivement certaines choses dans la poubelle de l’aéroport. Qui ceci dit en passant ne m’ont pas manqué.

7,64kg à l'aéroport...
Quand on se retrouve à devoir alléger son sac

En ce qui concerne mon voyage à Okinawa, c’était bien l’aventure de ma vie et celle qui m’a définitivement entraînée pour être une pro du voyage léger. En effet, j’ai vécu aux côtés de mon vélo trouvé dans la rue, rafistolé par mes soins et n’ayant qu’un pauvre petit panier trouvé dans un cimetière, attaché à l’arrière pour porter mes affaires. Je dormais à la belle étoile, il m’était donc impossible d’avoir trop d’affaires au cas où j’aurai dû fuir en vitesse. Qui plus est, ma lessive se faisant dans les lavabos des toilettes publiques, je ne pouvais pas me permettre non plus de laver trop de vêtements à la fois.

Et finalement, on peut se débrouiller avec pas grand chose. Avec du recul, je peux affirmer que même à cette époque j’aurais pu éliminer encore pas mal d’affaires. Et c’est tellement pratique de pouvoir partir en vadrouille et ne pas avoir ce stress de devoir trouver un endroit pour déposer mon sac pour la journée. Ainsi je suis constamment mobile avec peu d’affaires… et le monde est à moi!

Vous vous voyez trimbaler une valise là-dedans ?

To put it in a nutshell

En conclusion, si je devais recommencer mon voyage du début, l’option backpack de 40L aurait été de suite sélectionnée. Je n’aurais pris uniquement des affaires d’hiver et en petite quantité, soit deux tenues au complet, ainsi qu’une tenue pour chiller le soir. Pour ce qui est du reste, je l’aurais acheté/trouvé plus tard. 

En voyage, particulièrement en backpacker, on se rend vite compte qu’on finit toujours par porter les mêmes vêtements, et les plus pratiques. Mais le poids du sac à dos, lui, devient d’une importance cruciale, qui surpasse nos envies de varier nos tenues. En ce qui concerne la potentialité de ma lasser de ma garde robe durant mon séjour, et si mon budget me le permet, j’achète de nouveaux vêtements en remplacement et je laisse derrière moi les anciens.

Mais gardons à l’esprit qu’un voyage c’est avant tout pour s’amuser et profiter pleinement, pas souffrir à porter 20 kgs de fringues qu’on garde uniquement au cas où. Et d’ailleurs, n’ayez pas peur de paraître comme la seule pouilleuse du groupe, tout le monde est dans le même cas… Et au pire, ça nous apprend une belle leçon; à savoir lâcher prise sur le regard des autres et continuer de s’en mettre plein la vue, car les paysages ne vont pas changer si vous n’êtes pas bien habillée 😉

 

 

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